14 bonnes pratiques pour la mesure d’échantillons de couleur

Par Milagros Watts

L’une des clés d’un programme de gestion numérique des couleurs réussi est la réalisation de mesures d’échantillons précises et reproductibles. Si nous ne développons pas une bonne technique pour mesurer nos échantillons, nous réduirons considérablement la précision de nos recettes de couleurs, et nous obtiendrons des résultats incohérents lors des contrôles qualité et des inspections.

 

Ce que vous apprendrez dans cet article

De nombreux facteurs influencent la mesure des échantillons. Nous allons passer en revue les plus importants. Pour les besoins de cet article, nous les avons divisés en deux catégories :
 

  1. Propriétés de l’échantillon
  2. Configuration de l’instrument

 

En ce qui concerne les échantillons, nous allons passer en revue les aspects suivants :

 

Les conditions standard recommandées pour la température, l’humidité et le conditionnement des échantillons. Nous discuterons du nombre optimal de plis ou d’épaisseurs pour une bonne technique de mesure, du bon positionnement des échantillons et du nombre de mesures à effectuer sur chaque échantillon. Enfin, nous examinerons les différents types de tissus et les présentations recommandées pour chacun d’entre eux.

 

En ce qui concerne la configuration de l’instrument, nous aborderons l’importance du maintien de conditions instrumentales cohérentes chez tous les partenaires impliqués dans l’échange de données colorimétriques le long de la chaîne d’approvisionnement.

 

Nous examinerons également la taille de l’ouverture, les conditions spéculaires et UV et les différentes géométries disponibles à l’heure actuelle, y compris la nouvelle technologie d’imagerie hyperspectrale.

 

Et bien sûr, si vous avez encore des questions à l’issue de votre lecture, vous pouvez toujours contacter nos experts couleur ici.

 

C’est parti.

 

[Une question à poser à nos experts couleur ? Pour nous contacter, cliquez ici.]

 

Quelles sont la température et l’humidité recommandées pour le conditionnement des échantillons ?

La plupart des normes textiles utilisées pour évaluer les couleurs visuellement ou au moyen d’instruments recommandent que toutes les zones utilisées pour évaluer la couleur correspondent aux conditions standard de laboratoire. C’est-à-dire à une température de 21 °C ou 70 °F et une humidité relative de 65 %.

Le maintien de conditions contrôlées dans de larges espaces utilisés pour l’évaluation des couleurs peut s’avérer très coûteux. L’utilisation d’une armoire de conditionnement représente donc une meilleure alternative. Une armoire de conditionnement permet de garantir des conditions constantes quelle que soit la température ou l’humidité de la pièce.

 

Les variations de température et d’humidité ont-elles vraiment un impact sur les couleurs des échantillons ?

 

Cette question nous est souvent posée par des clients. Vous pourrez trouver dans le tableau ci-dessous une étude qui a été réalisée avec neuf échantillons de couleurs, notamment des bruns, des rouges, des oranges, des verts et des bleus. Ces échantillons ont été mesurés avec un spectrophotomètre dans différentes conditions de température et d’humidité.

 

Les standards ont été mesurés dans les conditions standard de laboratoire et les échantillons ont été mesurés dans différentes conditions de température et d’humidité. Le tableau montre les variations de couleur qui ont pu être observées lorsque ces paramètres ont été modifiés dans un sens ou dans l’autre.

 

do variations in temperature and humidity really affect the color of samples?
 

Comme vous pouvez le voir, les valeurs en bleu indiquent un Delta E supérieur à 0,15 unités CMC. Vous pouvez également voir que les conditions ayant le plus affecté la couleur étaient celles avec une humidité plus faible, à 35 %. Les couleurs n’ont pas semblé être trop affectées par une augmentation de la température et de l’humidité.

 

Quelle est l’épaisseur d’échantillon idéale pour une mesure précise des couleurs ?

 

Si un échantillon est très translucide lorsqu’il est placé sur votre instrument, il est possible que vous capturiez la lumière réfléchie par le porte-échantillon.

 

Dans l’image ci-dessous, vous pouvez voir un échantillon de mousseline rose clair. S’il est placé en une couche, le support de l’échantillon est également capturé. La seule façon de mesurer avec précision cet échantillon est de le plier plusieurs fois. Dans ce cas précis, nous avons besoin de suffisamment d’épaisseurs pour rendre le matériau opaque, mais pas au point qu’il dépasse à l’intérieur de la sphère.

 

light translucent sample showing through the color of the sample holder
 

Dans des cas comme celui-ci, vous pouvez placer une ou deux couches sur un support comme un carreau blanc identique à ceux utilisés pour calibrer les instruments. Il est néanmoins important de remarquer que cela ne peut être utilisé que si le standard et le lot sont évalués dans les mêmes conditions et avec le même carreau blanc en guise de support.

 

Si nous voulons capturer les valeurs absolues de la couleur ou faire correspondre une couleur, cette méthode ne fonctionnera pas. Pour les matériaux tricotés ou tissés classiques, un pli simple ou double de l’échantillon suffit généralement à en garantir l’opacité.

 

Comment prendre en compte la variation au sein d’un échantillon ?

 

Comment peut-on prendre en compte les variations au niveau de la construction du tissu, de la direction des fils, ou si la teinture est mal unie ? La vidéo ci-dessous illustre une bonne technique pour mesurer des échantillons de ce type.

 

 

Voici ce que nous avons fait dans ce cas précis :

  • Pliez l’échantillon une première fois, puis pliez-le une deuxième fois.
  • Placez-le sur l’instrument et effectuez la première mesure.
  • Lorsque la première mesure est terminée, faites pivoter l’échantillon de 90 degrés et mesurez son autre côté.
  • Prenez l’échantillon, repliez-le dans l’autre sens et répétez le processus, d’abord à zéro degré, puis à 90 degrés pour mesurer l’autre côté.

 

[Une question à poser à nos experts couleur ? Pour nous contacter, cliquez ici.]

 

Pour les matériaux plus texturés (tels que les tissus à poils longs), la meilleure approche consiste à mesurer l’échantillon, à le retirer de l’instrument, puis à le mesurer à nouveau avec une variation inférieure à 0,15 unité Delta E CMS entre les mesures.

 

Pour une démonstration de la façon de déterminer le nombre idéal de mesures à l’aide de Datacolor Tools, vous pouvez regarder la vidéo ci-dessous :

 

 

 

Comment mesurer la couleur des serviettes, des tapis, de la polaire, du velours et autres

 

Pour mesurer ces types de matériaux, il est conseillé d’utiliser un porte-échantillon.

 

How to measure the color of towels, carpets, fleece, velvet and more
 

How to measure the color of towels, carpets, fleece, velvet and more
 

Le porte-échantillon illustré ci-dessus est appelé un « doughnut » et il se compose d’un cylindre et d’un élastique. Nous plaçons l’échantillon sur le dessus du cylindre et le maintenons uniforme et plat pendant les mesures au moyen de l’élastique. Même avec un porte-échantillon, ces types de matériaux nécessitent également plusieurs mesures avec des rotations pour tenir compte de la texture.
 

Comment mesurer la couleur des fibres en bourre

 

How to measure the color of loose fibers
 

 

Ces types d’échantillons dépasseront également à l’intérieur de la sphère. La pression appliquée par un porte-échantillon variera également en fonction de son utilisation. Dans ce cas précis, nous vous recommandons d’utiliser un porte-échantillon à cellule de compression, illustré ci-dessus. Pour l’utiliser, placez une quantité exacte pesée de fibre sur le côté droit (piston) du porte-échantillon. Ensuite, fermez-le bien. L’échantillon peut maintenant être présenté sans qu’il ne dépasse dans la sphère.
 

Il est recommandé d’utiliser la même quantité de tissu, le même poids et la même fibre à chaque fois, et de mesurer également l’échantillon spéculaire exclu pour éliminer l’effet brillant du verre.
 

Comment mesurer la couleur d’un fil

 

Pour les fils, il est possible d’utiliser le support de compression mentionné ci-dessus ou de préparer l’échantillon d’une manière dont on sait qu’elle donne des résultats reproductibles. L’une de ces méthodes consiste à enrouler le fil autour d’une carte, comme indiqué ci-dessous. Les deux autres présentations impliquent l’utilisation d’un porte-écheveau ou d’un porte-fil, en fonction de votre échantillon. Le fil est placé sur le support et les ressorts vous permettent alors de le serrer en place.
 

How to measure the color of yarn
Une remarque importante : lors de l’utilisation de ces supports, assurez-vous d’appliquer une tension contrôlée. Si vous avez des variations de tension, vous obtiendrez également des écarts de couleur.

 

Maintenant que nous avons couvert les recommandations en matière de préparation des échantillons pour la mesure, parlons de l’importance de maintenir une configuration instrumentale cohérente lors de l’envoi de données colorimétriques tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
 

Quelle est l’ouverture recommandée pour les échantillons textiles ?

 

Le premier point à prendre en compte est la taille de vos échantillons. Il n’y a parfois pas d’autre choix que d’utiliser de très petites tailles d’ouverture, car l’échantillon lui-même est très petit. Plus l’ouverture est grande, plus la mesure sera répétable. De nombreux programmes de marque vous conseillent d’utiliser une ouverture de taille moyenne ou grande.
 

What is the recommended aperture for textile samples?
 

Dans le tableau ci-dessus, vous pouvez voir les conséquences de l’utilisation d’une ouverture moyenne par rapport à une petite ouverture. En l’occurrence ici, de la différence entre 20 et 9 millimètres. Nous mesurons également des échantillons allant du tissé très uniforme à une texture plus compliquée comme le velours côtelé, des nervures panachées ou une polaire.
 

Ces échantillons ont été mesurés avec les deux ouvertures et une moyenne de quatre ou deux mesures. Les valeurs indiquées en gras sont toutes égales ou inférieures à 0,15 Delta E CMS, ce qui est une bonne technique. Les valeurs non indiquées en gras sont celles qui dépassent 0,15.
 

Si l’on fait moins de mesures ou que l’on utilise une petite ouverture, les valeurs obtenues sont généralement plus importantes. En général, plus la zone est grande et plus nous avons de mesures pour calculer la moyenne, plus les valeurs Delta E CMS seront faibles.
 

[Une question à poser à nos experts couleur ? Pour nous contacter, cliquez ici.]

 

Quelle condition UV vaut-il mieux utiliser pour mesurer les couleurs ?

 

Faut-il étalonner son instrument pour les UV ? Faut-il inclure les UV ? Faut-il les exclure ? En général, de nombreux programmes de marque conseillent de mesurer les échantillons de couleur sans UV.
 

Lorsque l’on parle d’agents azurants, de matériaux blancs ou blancs fluorescents traités avec des agents de blanchiment, il est conseillé d’étalonner l’instrument pour les UV.
 

Pour plus de précisions à ce sujet, vous pouvez lire notre article de blog sur la mesure de la couleur pour les blancs fluorescents.
 

Quelles sont les conséquences des différentes géométries d’instruments ?

 

Vous savez peut-être déjà qu’une géométrie sphérique et une géométrie directionnelle ne sont pas compatibles. La plupart des marques recommandent une géométrie diffuse à 8 degrés, mais si certains de leurs fournisseurs font leurs mesures avec une géométrie 45/0, les deux types de mesures auront des problèmes de compatibilité.
 

C’est pour cette raison qu’un autre aspect important à prendre en compte dans la communication numérique des couleurs est le fait d’utiliser les mêmes géométries.
 

Qu’est-ce que la géométrie diffuse/8 ?

 

diagram explaining diffuse/8 geometry
 

L’image ci-dessus est un diagramme très simplifié d’une géométrie sphérique d/8° (diffus 8). On parle de géométrie « diffus 8 » parce que la source lumineuse frappe d’abord les parois d’une sphère munie d’un revêtement hautement réfléchissant et cette lumière diffuse illumine alors l’échantillon. La détection se produit à huit degrés de l’échantillon.
 

Cette géométrie propose également un port spéculaire ou un piège à brillant qui peut être inclus ou exclu en fonction du type d’échantillon.
 

  • Lorsque le port est fermé, la composante spéculaire ou brillante est incluse dans la mesure.
  • Lorsque le port est ouvert, la composante spéculaire ou brillante est exclue de la mesure.

 

Cette géométrie est généralement utilisée dans le monde du textile pour le contrôle qualité et la formulation.
 

Qu’est-ce que la géométrie diffuse/0 ?

 

Cette géométrie suit les mêmes principes que ci-dessus. Un éclairage diffus éclaire l’échantillon. Mais ici, le détecteur est situé à 0 degré de l’échantillon. Cette géométrie ne dispose pas de port spéculaire, donc toutes les mesures excluent par défaut la composante spéculaire.
 

Cette géométrie est généralement recommandée pour le papier ou les produits à base de papier. Certaines normes de couleur dans l’industrie textile peuvent également recommander l’utilisation d’une géométrie diffuse à zéro degré.
 

Que sont les géométries directionnelles ?

 

Nous vous présentons ici les géométries 45°/0° et 0°/45°.
 

diagram explaining 45°/0° and 0°/45° geometries
 

 

Pour 45°/0°, l’échantillon est éclairé à 45 degrés et le détecteur est à zéro degré de l’échantillon. Pour 0°/45°, l’éclairage se produit à zéro degré et la lentille capte les informations provenant de l’échantillon à 45 degrés.
 

Les géométries 45°/0° et 0°/45° sont généralement recommandées pour les applications automobiles ou alimentaires. Elles peuvent également être utilisées avec des échantillons de couleurs comportant plusieurs composants constitués de matériaux différents.
 

Imaginons que vous ayez des composants textiles, plastiques et vinyle sur le produit final et que ceux-ci doivent tous être de la même couleur. Or, nous savons que l’aspect de chacun de ces matériaux est différent. La géométrie 45°/0° permet de tenir compte de cette notion d’aspect.

 

Qu’en est-il de la mesure des imprimés multicolores, de la dentelle ou des zips ?

 

Jusqu’à présent, nous avons discuté de la mesure de matériaux d’une seule couleur et d’une seule texture. Mais qu’en est-il des imprimés multicolores, de la dentelle ou de tous les accessoires utilisés pour les vêtements comme les zips, les bordures et les boutons ?
 

Pour cela, il faudrait utiliser un spectrophotomètre d’imagerie hyperspectrale. Voici comment cela fonctionne.
 

what is a hyperspectral imaging spectrophotometer
 

Dans l’exemple ci-dessus, nous avons un échantillon avec quatre couleurs. Un spectrophotomètre d’imagerie hyperspectrale effectuera 31 mesures, c’est-à-dire prendra 31 photos de l’échantillon. Chacune d’elles est prise à une longueur d’onde différente entre 400 et 700 nanomètres.
 

À chaque nouvelle photo prise, cet instrument capture les pixels de l’ensemble de l’échantillon et sépare la couleur. Cette séparation permet au système de déterminer une courbe de réflectance pour chacune des couleurs de l’imprimé.
 

Cette méthode fonctionne également pour la dentelle. Une fois les couleurs séparées, vous pouvez supprimer l’arrière-plan et générer une courbe de réflectance uniquement pour la dentelle en elle-même. Ainsi, vous pouvez voir la différence de couleur entre le standard et l’échantillon de dentelle.
 

Comment allez-vous améliorer votre programme de gestion des couleurs ?

 

Les bonnes pratiques ci-dessus vous aideront à obtenir des mesures d’échantillons précises et reproductibles. Bien sûr, ce n’est que le début. Contactez notre équipe pour savoir comment votre entreprise peut rationaliser son approche de la gestion des couleurs.