Derrière la photo : La photographie de paysage avec David Köster

Fjord View by David Koester
 
Image de fjord
 
Hors cadre :
• Des heures passées dans un Zodiac au milieu des eaux de l’Arctique
• Une montée verticale sur 600 mètres
• 5 ampoules et 100 piqûres de moustiques
• < 2 minutes pour étalonner votre moniteur
 
Bien souvent, prendre de la hauteur est un excellent moyen de capturer un paysage dans toute sa splendeur. Après plusieurs jours à parcourir la toundra arctique, nous avons décidé de gravir l’une des montagnes escarpées qui entourent le fjord Tasermiut. Il nous a fallu vaincre une pente à presque 45 degrés sur 600 mètres. Cette montée s’est faite à quatre pattes, en portant notre matériel de camping et nos équipements photo. Lorsque nous sommes enfin arrivés au sommet, trempés de sueur, couverts de piqûres de moustiques et les jambes tremblantes, un monde mystique s’est ouvert à nous. À mes pieds se trouvait le fjord, semblant presque infini. Ses eaux profondes étaient bleu pétrole et les nombreux icebergs paraissaient de minuscules points blancs. Les montagnes alentour, couvertes de glace, tranchaient dans le coucher du soleil comme un couteau. Je suis alors tombé sur une petite cascade qui reflétait les couleurs magiques du crépuscule dans cet endroit désert. J’ai immédiatement compris que ce serait un premier plan parfait pour ma photo et que je ne disposais que de quelques minutes pour profiter de la lumière sublime de ce coucher de soleil.
 

 
Crépuscule en Patagonie
 
Hors cadre :
 
• 5 heures d’attente
• 100 images pour capturer un moment parfait
• l’apparition surprise de guanakos (semblables aux lamas)
• < 2 minutes pour étalonner votre moniteur
 
Je suis photographe de paysages. Je cherche donc en permanence à trouver des nouveaux points de vue inédits. En parcourant la nature sauvage de Patagonie pendant quatre semaines, j’ai découvert un paysage que je n’avais encore jamais vu. Ce site dans le parc national Los Glaciares offrait presque tout ce qu’on associe généralement à la Patagonie : la silhouette légendaire des sommets du Cerro Torre et du Fitz Roy, un glacier entouré d’un lagon glacé, et les méandres d’une rivière à travers la pampa, reflétant parfaitement les couleurs de l’automne. J’ai réalisé à quel point ce paysage serait spectaculaire si je pouvais inclure le soleil dans la composition. Mon application de repérage m’a informé que le soleil se coucherait juste derrière le Cerro Torre, ce qui créerait une image parfaite. Mais il fallait attendre 5 heures, et beaucoup d’éléments pouvaient changer d’ici là ! Mais il s’agissait d’une opportunité unique, et comme je ne pensais pas avoir l’occasion de revenir à cet endroit, j’ai patienté plusieurs heures, inconfortablement perché sur un petit éperon rocheux. Très vite, des nuages ont commencé à s’accumuler, et j’en étais réduit à espérer qu’ils ne gâcheraient pas l’image que voulais en masquant le soleil. Mais ma patience a été récompensée : les nuages se sont déchirés, laissant une large ouverture. Peu de temps avant que le soleil ne touche l’horizon, j’ai installé mon appareil photo sur mon trépied et j’ai réglé le déclencheur pour qu’il prenne des images en continu afin de pouvoir capturer la fraction de seconde du crépuscule. Clic, clic, clic, clic, clic, clic. Une fois le soleil couché derrière les montagnes, j’ai vérifié les images sur l’écran de l’appareil et j’ai poussé un cri de joie qui a résonné autour de moi. Une petite troupe de guanacos se promenait : j’avais capturé le moment parfait.
 

 
L’île miroir
 
Hors cadre :
 
• Traverser une cascade dans la nuit
• 3 tentatives ratées
• 7 jours à parcourir le parc national d’Aigüestortes
• < 2 minutes pour étalonner votre moniteur
 
En photo de paysages, la patience est à la fois une vertu et une nécessité. Vous ne pouvez pas vous décourager lorsque vous n’obtenez pas l’image que vous voulez lors de votre première tentative. En marchant dans les Pyrénées espagnoles, j’ai trouvé cette petite île boisée au milieu d’un lac glaciaire. Il pleuvait des cordes ce jour-là, mais j’imaginais déjà à quel point cette scène serait belle par temps calme, lorsque l’île se refléterait sur la surface de l’eau. Les trois jours suivants, je suis retourné à cet endroit précis avant l’aube, puisque c’est avant le lever du soleil que les chances d’eaux calmes sont les plus grandes. À chaque fois, j’ai dû traverser les montagnes de nuit, transportant mon équipement à travers une petite rivière et une cascade. La troisième fois a fonctionné : pas de pluie, pas de vent, une surface parfaitement lisse et calme comme un miroir. Tout était parfait. La lumière douce du matin a atteint l’île, l’illuminant en trois dimensions. Une fois de plus, la patience et la persévérance avaient payé.
 
David Köster utilise le SpyderX pour étalonner son moniteur.