Tests de vitesse et de précision du nouveau SpyderX

C. David Tobie a été impliqué dans la gestion des couleurs et l’imagerie numérique depuis le début, en développant des solutions couleur abordables et en enseignant aux utilisateurs comment les utiliser au mieux. Les photographes le connaissent pour ses écrits et son édition technique de manuels et de périodiques, y compris Mastering Digital Printing et le magazine Professional Photographer, ainsi que pour ses séminaires sur la couleur et l’imagerie lors d’expositions photo et d’ateliers dans le monde entier.

 

Le moteur colorimétrique à objectif et les nouveaux capteurs du SpyderX de Datacolor semblent très prometteurs, mais je voulais faire quelques tests par moi-même afin de vérifier si la vitesse et la précision de l’instrument correspondaient bien aux attentes.

 

Un simple étalonnage de base a révélé que la vitesse avait été nettement améliorée. Elle est supérieure à celle de tous les autres colorimètres que j’ai pu utiliser. Mon premier véritable test a donc consisté à effectuer des étalonnages similaires sur un seul et même écran avec le Spyder5 et le SpyderX. Le graphique ci-dessous montre le temps d’étalonnage pour chacun de ces instruments.

 
 

 
 

Le SpyderX est bel et bien quatre fois plus rapide que la génération précédente de Spyder. Il m’a fallu un moment pour réaliser toutes les implications de cette accélération du processus. Bien sûr, l’étalonnage devient beaucoup moins pénible. Les utilisateurs dont les écrans sont fixés en position verticale – je pense particulièrement à ceux qui travaillent dans le domaine de la vidéo – seront ravis de ne plus avoir à maintenir leur étalonneur contre l’écran pendant de longues minutes. Cette tâche devient en effet fatigante assez rapidement, particulièrement quand on dispose de plusieurs moniteurs. L’étalonnage du projecteur avant une présentation va être assez rapide pour être effectué à chaque fois, même devant un public. En lançant plusieurs étalonnages avec des paramètres différents sélectionnés dans le menu de l’écran, vous pourrez identifier les réglages les mieux adaptés. Cela a certes toujours été le cas, mais l’opération était trop longue pour beaucoup d’utilisateurs. La fantastique suite de tests d’affichage qu’offre le logiciel Datacolor (et qui, pour certains d’entre eux, peuvent demander un grand nombre de mesures) va également être largement accélérée. Elle sera donc utilisée par un nombre plus important d’utilisateurs qui pourront mieux comprendre leur moniteur et constater ses modifications. L’accélération de l’étalonnage qu’offre le SpyderX est donc un vrai plus.

 

Mais la rapidité se fait souvent au détriment de la précision. N’importe quel étalonneur pourrait être réglé pour effectuer ses lectures en un temps réduit, mais cela impliquerait un coût important en termes de précision des mesures. Pourtant, le SpyderX affiche une précision largement améliorée dans tous les tests que j’ai pu effectuer. Plus précis et plus rapide : l’utilisateur est gagnant dans tous les domaines.

 

D’où une nouvelle question : Mesurer les teintes les plus sombres a toujours été compliqué pour un photomètre, quel qu’en soit le type. La création de courbes de correction parfaites allant jusqu’au noir est donc un défi majeur pour les colorimètres. J’ai l’habitude de rapprocher ce processus à l’atterrissage de nuit d’un avion, sans aucune lumière : beaucoup de cahots et un grand choc à la fin !

 

C’est pourquoi je voulais connaître précisément la précision du nouveau Spyder pour les teintes quasi-noires et la comparer à la génération précédente ; une opération compliquée s’il en est. J’ai commencé par prendre une mesure de référence du noir et de teintes sombres sur un affichage graphique de haute qualité. J’ai ensuite mesuré et enregistré les valeurs de luminance fournies par le SpyderX et le Spyder5. Cela se rapproche de la base de la courbe de correction appliquée à votre affichage après étalonnage. Voici les résultats.

 
 

 
 

La différence est très nette. Les tons les plus sombres sont bien mieux enregistrés par le SpyderX. Quant à cette bosse à la fin, elle a tout simplement disparu. Un atterrissage parfait. Je suis particulièrement impressionné par ces résultats, qui impliquent une reproduction bien plus fidèle des zones d’ombre les plus profondes. Et, selon le moniteur, la possibilité d’une gamme plus dynamique et de noirs plus fluides. Ces changements sont difficiles à reproduire sur une image d’illustration, puisque que de telles valeurs paraissent simplement noires hors d’un environnement contrôlé, mais ils sont utiles aux utilisateurs les plus avancés qui créent des images pour les imprimer.

 

Il existe certaines limites aux tests réalisables sans laboratoire d’optique, mais je crois que les exemples ci-dessus représentent des tests tout à fait pertinents pour l’utilisateur final ; leurs résultats sont extrêmement satisfaisants. Je suis très curieux de voir ce qu’en diront les autres lorsque ce nouveau colorimètre sera mis sur le marché.